Comprendre les CEM

Comprendre ce que sont les champs électromagnétiques et la pollution qui en est la conséquence

Un rappel concernant l’électromagnétisme est nécessaire afin de comprendre le bien-fondé des mesures de protection à prendre.

    1. Le brouillard électromagnétique

    Les ondes électromagnétiques sont partout, elles  nous environnent. Certaines, de faible amplitude, produites par la Terre et les organismes vivants sont d’origine naturelle -nous nous y sommes adaptés depuis des millions d’années- ; la plupart sont aujourd’hui d’origine artificielle, liée à l’émergence des technologies sans fil. L’appropriation des espaces (l’éther des physiciens) par l’industrie – alors que ces espaces devraient être considérés de prime abord comme un bien commun de l’humanité - ne relève en réalité pas d’une juridiction précisément définie. Ceci est notamment le cas au plan sidéral, satellitaire ; ce qui explique, quoiqu’il en soit de la juridiction, que cette appropriation permettant l’utilisation de ces technologies se fasse sans véritable débat démocratique et de toute façon sans contrôle sécuritaire suffisant. La multitude des ondes électromagnétiques de fréquences et de longueurs variées, propagées à notre insu dans l’environnement constitue aujourd’hui un brouillard électromagnétique ou électrosmog de plus en plus dense et intense. Celui-ci, d’une façon ou d’une autre ne peut (ne pourra) que nuire un jour ou l’autre – et c’est déjà malheureusement le cas - à notre santé et de façon générale à la vie sur Terre. Car les effets des ondes électromagnétiques s’additionnent et même se potentialisent les uns avec les autres, non seulement au plan physique, mais aussi et surtout au plan biologique.

    Depuis la fameuse expérience du physicien danois Christian Oersted, on sait que tout courant électrique qui passe dans un matériau conducteur (un câble électrique par exemple) émet un champ magnétique venant s’ajouter au champ électrique lié au courant lui-même, d’où le terme de « champ électromagnétique ».

      2. Champ électrique et champ électromagnétique

        Un champ électromagnétique est donc formé de la réunion d’un champ électrique et d’un champ magnétique et émet des ondes caractérisées par une fréquence, une longueur et une puissance qui leur sont propres. La fréquence se mesure en Hertz, la longueur d’ondes en centimètres ou en mètres et la puissance en watts. La longueur d’ondes est d’autant plus petite que la fréquence est élevée (il y a donc un rapport inversement proportionnel entre ces deux paramètres). Par contre, la puissance de propagation de l’onde augmente si la fréquence est plus grande.

          3. Le spectre électromagnétique

            Source : INVS

            Les ondes électromagnétiques sont classées en rayonnements « ionisants » et « non ionisants », en fonction de leur fréquence et donc de leur puissance.

            Les rayonnements ionisants  comprennent les ondes de très haute fréquence : ultraviolets B, rayons X, rayons gamma et rayons cosmiques. Ceux-ci se situent au-delà de la lumière visible. Ces ondes sont dangereuses car elles ont la capacité de rompre la structure des atomes. En-deça du visible, se trouvent de façon croissante, les extrêmement basses et basses fréquences, les ondes radio (ou radiofréquences), les micro-ondes, l’infrarouge et l’ultraviolet A. On voit ici que la séparation entre rayonnements ionisants  et non ionisants  se fait au niveau des ultraviolets (UV), les UV A étant non ionisants et les UV B l’étant.

              4. Unités de mesure des champs électriques, magnétiques et électromagnétiques

              Les  champs magnétiques se mesurent en tesla, microtesla ou nanotesla, alors que les champs électriques se mesurent en volts par mètre, l’intensité du courant se mesurant en ampères. Si la mesure du champ magnétique pour les basses et extrêmement basses fréquences se fait directement en tesla, pour les radiofréquences et hyperfréquences (qui incluent les micro-ondes), afin de simplifier les mesures, on estime le plus souvent l’intensité des champs électromagnétiques en volts par mètre, c'est-à-dire en se référant aux champs électriques.

              Le courant électrique utilisé pour les appareils ménagers ou l’éclairage (lampes et en particulier ampoules à basse consommation) génère des basses fréquences (50 hertz). Il est très difficile de s’en protéger, mais le champ électromagnétique ainsi généré décroît très rapidement (avec le carré de la distance) ; ce qui explique qu’à 50 centimètres (1,50 mètres pour les électrosensibles), celui-ci devienne très faible. Lorsqu’on éteint une lampe, le champ électromagnétique s’annule, mais persiste le champ électrique statique. En cas de sensibilité aux champs électriques (couplée à une sensibilité aux champs magnétiques), il convient de couper le courant au disjoncteur ou utiliser des câbles blindés.

              Les hautes fréquences incluent les radiofréquences et hyperfréquences : ordinateurs, téléviseurs, téléphones portables, téléphones sur socle (DECT), Wifi, Wimax, Bluetooth, plaques à induction, fours à micro-ondes, etc. Les écrans cathodiques émettent un champ électromagnétique environ dix fois supérieur aux écrans plats.

              Les micro-ondes sont les ondes électromagnétiques dont la fréquence est comprise entre 100 MegaHertz (MHz) et 10 GigaHertz (GHz) (Mega = 1000 ; Giga = 1 million). Elles sont utilisées dans le four à micro-ondes, et sont émises par les émetteurs de télévision et de radio, les antennes-relais des GSM et les systèmes de communication spatiale, qui font aussi partie de cette technologie.

                5. Ondes continues et ondes pulsées- Pourquoi les GSM sont dangereux

                Un point essentiel à considérer est que contrairement à ce qu’on pourrait penser, les hyperfréquences, dont font partie les micro-ondes pénètrent moins bien dans la matière vivante ou inerte que les basses ou extrêmement basses fréquences. Dans ces conditions, la question posée est de savoir pourquoi les GSM sont nocifs pour la santé (et la vie en général). La réponse tient au fait que les GSM utilisent non pas des ondes continues mais des ondes pulsées.

                En effet, si les antennes de GSM émettent des micro-ondes d’une fréquence de 900 ou 1800 MHz, cette émission se fait sous la forme de bouffées d’ondes elles-mêmes émises à une fréquence de 217Hz, ce qui équivaut à une basse fréquence.

                Ainsi dans ce cas, un champ électromagnétique de basse fréquence se superpose-t-il aux micro-ondes. Et c’est ce champ de basse fréquence qui est dangereux. Un champ électromagnétique pulsé est donc plus nocif qu’un champ électromagnétique continu de même fréquence.

                  6. Effets thermiques et normes réglementaires

                  Tout corps réfléchit une partie de l’énergie apportée par l’onde électromagnétique et absorbe l’autre partie. Cette absorption dépend en fait de trois paramètres : (1) la nature du corps lui-même ; (2) la puissance énergétique de l’onde considérée ; (3) sa capacité de pénétration dans le corps, autrement dit pour un corps donné, l’absorption dépend essentiellement de la fréquence de l’onde : alors que les hautes fréquences sont les plus puissantes au plan énergétique, à l’inverse les basses fréquences sont celles qui pénètrent le plus.

                  En pratique, pour les organismes vivants, on définit le débit d’absorption spécifique (DAS) par la quantité d’énergie absorbée rapportée au Kg de matière vivante. Les DAS s’expriment en watts/kg.

                    On appelle effet thermique d’un champ électromagnétique, l’augmentation de température résultant de l’absorption énergétique de ce champ à l’endroit où le corps a été exposé : par exemple au niveau arrière de l’oreille, c’est-à-dire au niveau de la partie du cerveau qui lui correspond (lobe temporal) pour les GSM. L’effet thermique des ondes électromagnétiques est bien connu. C’est à partir de la possibilité de cet effet qu’ont été établies les normes réglementaires actuelles. Ainsi l’OMS recommande-t-elle une puissance de 41 volts/m pour les antennes GSM.

                    En fait ces normes apparaissent obsoletes, car elles ne tiennent pas compte des conséquences biologiques nocives liées aux EFFETS ATHERMIQUES des CEM.

                      Pour soutenir la recherche